Ce sont d'abord Laure et Matthieu qui ont conçu l'idée des ateliers d'écriture, pensant que l'acte d'écrire pouvait permettre aux femmes victimes de violences conjugales, d'extérioriser, « d'expectorer », de jeter sur le papier, ce qui leur semblait insoutenable en elles.

Par la suite, ils ont profité d'une expérience d'animation déjà vécue par Nathalie, alors en stage à Solidarité Femmes, pour allier l'écriture à la légèreté. Pour autant, des souvenirs parfois difficiles ont pris forme et ont été révélés par les exercices proposés.

Aude, une collègue de Nathalie, est venue se joindre au groupe, plus tard dans l'année, afin de développer l'aspect esthétique de cet ouvrage.

L'important pour les « écrivantes » comme on dit aujourd'hui de façon bien peu élégante, n'a pas seulement résidé dans l'écriture mais dans la régularité des séances, dans la rencontre avec d'autres qui avaient vécu des moments parfois aussi douloureux qu'elles.

Ces femmes se retrouvaient alors pour partager leur enthousiasme et se permettre ainsi, l'espace d'une soirée, de se penser douées, poètes, imaginatives, drôles, dignes, libres, belles, enfin tout un tas de choses qu'elles n'osaient pas penser jusque-là...

En complément des psychothérapies et des contacts réguliers avec les membres attentifs de l'association, l'atelier a offert un temps de réparation à leurs psychés meurtries. Les séances mensuelles se tenaient le mardi soir. Pourquoi le soir ? Pour permettre aux femmes de se sentir plus libres par rapport à leurs enfants qui, ces soirs-là, étaient gardés par des nounous. Elles venaient toutes avec leur téléphone portable branché, juste au cas où...

Mais très vite, lorsque les séances commençaient, elles se libéraient de leur culpabilité de ne pas être avec leurs petits, pour ne plus penser qu'à elles et à dire, écrire, songer, sourire ou pleurer, ressasser mais au fond éliminer, crier, criser, hurler de rire aussi... Bref, elles ont ainsi pu, malgré les moments de doute, donner le meilleur.

A vous d'en apprécier la douceur...





Bonne lecture ! >